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La vie dans le désert
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La source

Je lui ai dit de se taire.
Mais elle a commencé à raconter une histoire.
Et quand elle raconte une histoire, rien ne peut l'arrêter.
Alors je me suis tu.

Elle a dit:

— Je vais vous conter une histoire que ma grand-mère ne m'a jamais racontée. Un été de grande sécheresse, la source de son village était presque épuisée, et l'eau suintait en goutte-à-goutte entre les pierres. Comme il fallait de très longues minutes pour remplir les récipients, il fallait également beaucoup de patience et une grande solidarité pour un accès équitable à l'eau. Chacun n'avait droit qu'à une seule bouteille et dès qu'un villageois voulait remplir la sienne, il la posait derrière la dernière bouteille vide, et s'il voyait la première bouteille presque pleine, il devait attendre qu'elle fût complètement remplie, la poser sur une table avec les autres et la remplacer par la première bouteille vide de la file. Il revenait plus tard récupérer sa bouteille pleine. Vous me suivez ?
—Mais comment les gens reconnaissaient-ils leur bouteille ?
—À l'époque, on soufflait le verre à la bouche et les bouteilles étaient toutes différentes. Chacun connaissait donc parfaitement la sienne. Elle reprit: Au fur et à mesure qu'on avançait dans l'été, l'eau s'écoulait de plus en plus lentement. L'impatience et la soif agitaient les esprits et les corps. Un matin, mon arrière grand-mère, qui n'était encore qu'une adolescente, descendit très tôt à la source et vit que l'eau ne coulait plus. Elle était désespérée, car elle avait grand soif. Aussi, fit-elle une chose interdite. Elle remplit sa propre bouteille avec l'eau d'une bouteille pleine.
—Ooouuuhh!
Très vite, la nouvelle du tarissement de la source fit le tour du village. Dans l'agitation et l'angoisse du moment, personne ne se rendit compte de la tromperie de mon arrière grand-mère. Celle-ci eut de terribles remords, mais elle n'osa jamais en parler à quiconque, pas même à sa propre fille.
—Mais alors, comment les villageois ont-ils fait pour survivre sans source ?
—Ils ont dû acheter de l'eau minérale au camion de l'épicier.

J'aurais dû insister pour qu'elle se taise.

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B
...la source muette, plus un bruit ne sourd...
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P
Vive le petit commerce
Répondre
G
... et la libre circulation des biens et des services.