Rédigé par Gino Gordon et publié depuis
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Monsieur Gordon,
Votre compte est débiteur depuis exactement 49 semaines. Notre patience a des limites. Vous êtes prié de mettre des sous, sinon...
Cordialement.
Le Directeur
Cher Directeur,
Vous avez tout à fait cerné la difficulté du blogueur ordinaire, coincé entre sa vie de tous les jours et sa vie électronique. Mon avatar, disons Monsieur Gordon, puisque vous l'appelez ainsi, est une créature romanesque et flegmatique issue d'un cerveau indolent imprégné du climat délétère de Libreville, planqué derrière une machine à écrire Remington, en 1985, déjà 22 ans. C'est dire si Monsieur Gordon dont la tâche essentielle était de traquer l'espion soviétique dans les bars branchés d'Afrique Centrale, n'en avait rien à battre des contingences du pognon.
Aujourd'hui, grâce à l'essor de la thérapie électronique qui permet de libérer partiellement les ego de ceux qui possèdent un ordinateur et une liaison internet au boulot, Gino a pris une nouvelle épaisseur. Mais il doit faire face à plusieurs menaces, outre les quolibets de son directeur de banque. Il doit répondre à des billets imaginaires qu'il s'envoie lui-même. Il doit répondre à des commentaires agréables (avec courtoisie et humour), sur des billets qu'il a composés entre midi et deux ou le vendredi lorsque les derniers invités sont partis. Il doit signer des pages d'écriture dans un blogue avec d'autre schizophrènes. Il doit s'aventurer en dehors du désert, sans réellement s'autoriser le droit de vivre parmi nous, tout en payant des impôts. Bref, il doit exister.
Mais comme disait Bruce Chatwin, le mieux est de marcher car la vie est une traversée du désert. Et comme on est dans un monde imaginaire, vos sous, vous pouvez vous les mettre où je pense, c'est à dire dans un grand trou creusé au milieu de l'Erg Chebi.
Bisous.
Gino Gordon, pour vous, spécialement.