30 Octobre 2006
J'avoue, elle me met hors de moi.
J'en ai marre de la retrouver recroquevillée tous les matins dans un coin du jardin. Cette nuit, elle a encore
Bavé sur l'appui de fenêtre. Vous souriez ! On voit que ce n'est
pas vous qui devez supporter son enfermement.
"Mon amour, lui ai-je dit,
Avant, nous formions un couple uni et tendre. Mais il m'est aujourd'hui pénible
d'avoir à subir votre réclusion volontaire. Lorsque j'ai
eu vent de vos intentions de vous soustraire aux obligations du mariage,
de vous à moi, poursuivis-je,
mon amour s'est muré dans une spirale de calcaire".
"Ne vous déplaise, à vous et à cette traînée qui vous suit toujours, me répondit-elle.
En dansant la Javanaise, vous pourrez peut-être retrouver les raisons pour lesquelles
nous nous aimions". Et elle se tut.
Le temps d'une chanson, je m'exécutais donc, buvant au passage un ptit gris de Toul
a votre santé, puisque vous me lisez.
Avis à la population, donc !
qu'avons nous comme constat : ma femme déteste porter des cornes, mais
nous, vu notre situation ? et croyez moi ce n'est pas le pied -,
de l'amour, nous nous sommes fort éloigné.
De vous lecteur, aussi, qui ne comprenez rien
à moi, à ma femme, à notre langueur.
Vous m'a-ccorderez que cette danse a quelque chose d'incongru. Vous a
vez eu une moue de dégoût devant mes tentatives de retrouver
mon amour perdu.
Hélas, tout semblait fini. Mais quand je dansais, il m'est venu le souvenir qu'en
avril, ma femme n'avait pas cette appendice proéminent. Je l'observe attentivement mais
en vain, je ne retrouve pas ses formes d'antan. Cette indifférence qu'elle
me voue, n'a-t-elle pas des raisons physiologiques. Une allergie
à l'amour, ou l'excès de feuille de rhubarbe ? Que sais-je ? A peine
j'avais remisé mes pensées, que j'eus soudain une terrible
envie d'uriner dans le jardin. Le temps de m'arracher à ma confortable position,
de voir avec surprise que moi-même j'avais perdu ce qui faisait la fierté de mon sexe -
en vous parlant de ces choses intimes, je me sens si fragile, si friable! -,
cet amour- me dis-je, n'est peut-être pas mort.
La vie : mode d'emploi illisible.
Ne vaut -il pas mieux improviser plutôt que
d'être collé au script ? La vie ne vaut d'être
vécue
sans amour,
Mais elle n'est pas à sens unique.
Vous qui portez le fardeau de votre existence, ne vous renfermez-pas dans votre coquille. Vous
l'avez compris, ce qui n'est pas
voulu, peut-être adopté.
Mon amour me l'a dit, le temps d'une danse.