Cher Gino,J'admire votre vision du monde, encore que je n'arrive pas toujours à saisir où vous voulez en venir. Pouvez-vous m'éclairer ?
Angèle Lajaunie, mère de famille, en vacances à Windhoek, Namibie.Chère AngèleLe regard du touareg presbyte se porte à l'infini , au delà des crêtes et de la piste caillouteuse. Ses pensées s'écoulent dans son esprit comme le grain de table dans le tablier. Il marche, le visage lisse, le menton altier, le nez droit, le front dégarni, la prunelle claire, les sourcils froncés, les lèvres gercées, les dents jaunies par les
cachous. Il pense à sa femme et à ses enfants qui font des mots fléchés niveau 3 au campement. Il se demande s'il a bien fermé le
cadenas à clé. Il marche dans la lumière du couchant, comme un vespéral errant. Puis le touareg presbyte s'étale de tout son long sur le sable chaud du désert et interrompt brutalement sa quête d'infini car il a trébuché sur un piquet de tente..
Votre féal.
Gino Gordon