5 Avril 2005
Je fais face à un grand espace désertique et froid. L'avion est stationné à ma gauche. La nuit tombe. Le ciel est clair mais on ne voit pas encore les étoiles . Je rêve. Je dois repartir dans une heure et cette halte me fait du bien, même si le lieu est inhospitalier. Je me retourne et je vois le Petit Prince. Il me regarde et il ne dit rien. Il remplit l'espace, il est multiple et omniprésent mais sans vie. Il est de toutes les matières et de toutes les couleurs, il a le regard fixe des marionnettes abandonnées. Il est sombre ou lumineux, foncé ou clair. Il semble inutile. Je le dévisage un par un et je compte 67 Petits Princes figés dans leur silence triste.
Cet endroit est une caricature de désert. Le petit Prince n'a plus rien à dire. Les livres sont fermés, éclairés judicieusement mais opaques.
Je dois partir. Je quitte la boutique souvenir du Terminal 1 de l'aéroport St Exupéry et me dirige vers le Hall d'embarquement