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La vie dans le désert
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La chambre

J'ai bien fait le tour de la question.
Dehors, le ciel est laiteux. Le soleil brûle.
La chambre est vide. Elle est tapissée à la chaux.
Il n'y a pas de hurlements.
Je crois.
Je ne les vois ni ne les entends.
On a nettoyé l'endroit.
On l'a transformé en musée.
On a mis des fenêtres à la place des barreaux.
On a mis des volets.
Il y a un gardien, dans un coin, avec une casquette verte sur la tête.
Il ignore les millions de cris morts qui jonchent le sol.
Je les foule aux pieds et ils forment une fine poussière qui s'élève dans le rai de lumière.
Combien faut-il de poussière pour habiller un rai de lumière ?
Combien de milliards de grains de poussières peuplent l'air?
Et de quelle taille, chacun ?
Dans quel sens vont-ils ?
Ils sont si petits qu'on ne les entend pas crier.
Même quand on s'approche.
Très près.
Je pousse la porte
Je sors.
Le soleil m'aveugle.
Je crois qu'on ne peut faire le tour de la question,
Que si l'on a survécu
A la chambre de Question.

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R
beausoiraprés une deuxième lecture, je suis rentrée complétement dans le texte.un trés beau texte du souveniravec des images qui frappentdes mots simples, mais qui résonnent pour toujours malgré le silencemalgré l'absencemalgré le tempsqui s'égraine, poussière que nous sommesbonne soiréeà+ rsylvie
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G
beaumatin,bonne semaine, rsylvie.
M
Je connais Gorée, mais à cette époque on ne visitait pas. Et je ne crois pas que je l'aurais fait, n'étant pas d'humeur visiteuse. J'ai pourtant "visité" Oradour sur glane, et j'aurais mieux fait de m'abstenir.
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G
Parce qu'il n'y a justement rien à voir, ou très peu, tout est dans l'imagination, c'est à dire dans une vision fantasmée d'une réalité (comme celle que j'avais, enfant, de la St Barthélémy).
P
La chambre est vide ? Alors je ressors ! ;-)
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G
C'est un peu ça. Bonne semaine.
F
En touriste, on visite n'importe quoi.
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G
à la queue-leu-leu, derrière un autre touriste... :o(
L
Tu écris bien ,mais ce n'est pas une nouveauté... Ca fait un moment que je me balade chez toi, assez étonnée, ébahie parfois, par ce que tu écris. Ce texte-là est très particulier, il parle d'horreur humaine, de passé atroce, et de présent caché (à peine), il parle de ce qu'on a de plus noir.Il me rappelle la chanson (pour les plus vieux !!) de Balavoine, celle du poête enfermé dans sa cellule, à qui on a coupé la langue mais qui continue à se battre, à être, à se révolter, en tapant de sa tête le long des murs de sa cellule...
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G
Bonjour Laurence, je n'avais pas vu ton commentaire. Je déserte un peu mon désert. Merci pour les compliments (je prends "étonnée" pour un compliment). Les lieux ne parlent pas comme les textes. Seuls les témoignages écrits peuvent exprimer ces choses là. Certaines souffrances collectives n'ont jamais (ou très peu) été écrites.