-J'arrive pas à me lever
-Va pas dire ça. Tout le monde croit que c'est toi qui met les poubelles dehors juste avant qu'y passent.
-Chais pas ce que j'ai ce matin, mais j'y arrive pas.
-T'as qu'à te prendre une bonne douche pour te réveiller
NiKKKo met un pied par terre, puis l'autre, et ça y est voilà que ça commence. Il pense à son miroir neuf que vient de lui poser le vitrier.
NiKKKo, va à tout petit pas dans la salle de bains, qui est contiguë à la chambre, et se regarde dans le miroir. Il n'a pas bonne mine. C'est normal, il a trop bu de jus d'orange la veille, au cocktail de l'uemmepé. C'est pénible, y a que des saloperies d'alcool et du jus d'orange, même pas d'eau.
Ca lui gratouille à NiKKKo de poser une question au miroir tout neuf, mais il résiste, prend une douche, met sa tenue de karaté et va taper pendant trois-quart d'heure sur un gros boudin en cuir avec deux grandes oreilles (cadeau de sa vieille copine Simone).
Après, il reprend une douche, met sa cravate, le reste aussi, et commence sa journée de prétendant à l'Elysée.
Aujourd'hui, NiKKKo a un meeting dans la rue. Il sait que c'est pas trop dur de faire un meeting dans sa rue, parce qu'il connaît tout le monde depuis qu'il est petit. Ca lui fait de l'entraînement pour la fois où il va se fader la grande S à la télé.
-Ah je l'aime pas celle là, dit-il à son fidèle Brixxx. Surtout fais moi penser à laisser l'opinel dans la Béhème.
-La S. quand je la vois, j'ai envie, de castrer le maïs, ajoute-t-il. Brixxx, t'es où.
-Mais vous l'avez viré, M. NiKKKo.
-Pourquoi, je l'ai viré ? Je ne me souviens plus.
-Parce qu'il a sorti une connerie, M. NiKKKo.
-Quoi ?
-Que vous vouliez une dose de proportionnelle, M. NiKKo.
-Ah, oui, j'ai bien fait de le virer, les gens vont penser que je me drogue. On rigole pas avec ces trucs là. Bon je vais haranguer les électeurs.
Il se lève :
-Françaises, français de ma rue. Vous êtes mon travail, ma famille, ma patrie. Vous m'apportez des tombereaux de suffrages, à moi le petit NiKKKo dans vos petites enveloppes bleues, et moi je vous dis, vous êtes mes frères. Et vous avez bien fait de m'apporter vos suffrage. Vous savez pourquoi ? Parce que vous m'aimez, et que je le vaux bien. J'arrête, parce que je vais chialer, dès que y a plus de cent personnes et que je parle de moi, je me mets à chialer, c'est plus fort que moi.
-M. NiKKKo, il n'y a pas cent personnes, j'en compte une vingtaine, CRS compris.
-Et merde, ils sont tous en vacances. Allez, on rentre. Ca tombe bien, la maison est juste à côté.
Au moment de rentrer, une question fuse :
-M. NiKKKo, c'est quoi castrer le maïs ?
-C'est une blague avec céréales killer, mais je m'en souviens jamais. Laisse tomber. J'ai pas assez la haine en ce moment. Ca m'énerve, tu peux pas savoir.
-M. NiKKKo, je peux vous dire un truc. Personne n'ose vous le dire, alors on a tiré au sort. Et c'est moi qui s'y colle
-Allez-y, je vais quand même pas vous manger ?
-C'est exprès que vous avez un pantalon de judo ?